La prise en charge de la fièvre méditerranéenne familiale (FMF) vise à permettre à la grande majorité des patients de mener une vie normale grâce à un diagnostic précoce et un traitement approprié. Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, le contrôle du poids et un mode de vie sain et sans stress jouent un rôle de soutien dans la gestion de la douleur liée à la maladie et le maintien de la santé générale.

Le principal médicament utilisé pour contrôler les symptômes de la FMF est la Colchicine. La colchicine réduit significativement la fréquence et la gravité des crises et est d'une importance capitale pour prévenir le développement de l'amylose. Son association avec l'azoospermie n'a pas encore été entièrement élucidée.

Posologie et utilisation de la Colchicine :
Le traitement dure généralement toute la vie. La posologie est ajustée en fonction de l'âge et de la gravité des symptômes. Pour les enfants, la dose initiale est déterminée par l'âge et peut être augmentée avec la croissance ; pour les adultes, 1 mg/jour est généralement recommandé. Dans des situations plus complexes, comme des crises fréquentes ou la présence d'amylose, des doses plus élevées de 2 à 2,5 mg/jour peuvent être administrées sous surveillance médicale, à condition que les fonctions hépatiques et rénales soient normales. Il est important que les patients ayant subi une transplantation rénale poursuivent le traitement par colchicine après la transplantation. La colchicine n'a pas besoin d'être interrompue pendant la grossesse et l'allaitement. Il est conseillé aux enfants sous colchicine de subir des analyses de sang et d'urine au moins deux fois par an.

Effets secondaires et gestion :
Les effets secondaires les plus courants de la colchicine sont la diarrhée, les ballonnements et les crampes abdominales ; la diarrhée est particulièrement fréquente avec des doses plus élevées. Pour les patients qui interrompent le traitement en raison d'effets secondaires, diviser la dose quotidienne en deux ou trois prises peut aider à les réduire. La colchicine doit être utilisée avec prudence en association avec certains médicaments comme l'érythromycine (antibiotiques macrolides) ou les statines (médicaments contre le cholestérol), car elle peut rarement provoquer une faiblesse musculaire. Des effets secondaires rares mais graves tels que la myélosuppression, l'hépatotoxicité et la neuropathie peuvent également survenir.

Résistance à la Colchicine et thérapies alternatives :
Si la fréquence ou la gravité des crises ne s'améliore pas malgré un traitement par colchicine à la dose maximale tolérée, ou si les niveaux de réactifs de phase aiguë restent élevés entre les crises, une résistance à la colchicine doit être envisagée. Dans de tels cas, différentes options de traitement ciblant l'inflammation, telles que les bloqueurs d'interleukine-1 (IL-1) (par exemple l'anakinra) et les inhibiteurs du TNF, peuvent être évaluées.